Passage à l’acte

Me voilà donc, début juillet 2017, à expliquer à mon boss que j’ai bien réfléchi et que je veux arrêter notre collaboration.

Autant vous dire que n’en mène pas large, malgré l’air calme et déterminé que j’affiche. Et là, ô joie, ô bonheur ! Il se montre compréhensif ! Il faut dire que je lui avais fait un accident de voiture l’été précédent (un conseil : mieux vaut dormir dans un lit que dans une voiture lancée sur autoroute, aussi confortable soit elle) et une crise de larme en octobre (et oui, il y a un être humain avec ses faiblesses derrière tout cadre dirigeant). Et en prime, depuis l’automne, chaque fois qu’une tâche ne me plaisait pas, je ne me gênais pas pour le lui dire. Genre : « J’ai fini la négociation fournisseur, mais je n’aime pas ces jeux de dupe ».

Donc le terrain était en quelque sorte préparé. Il n’est pas tombé des nues devant mes propos. Sans compter sur son expérience de la vie … qui n’est pas un long fleuve tranquille !

Mon manager fait preuve de bienveillance donc, mais il teste ma détermination. Il me demande de réfléchir encore, s’enquiert de ce qu’il pourrait faire pour que je change d’avis … sans toutefois me mettre la pression. A mon retour de congés fin juillet, toujours décidée (en fait, plus que jamais décidée devant mes 500 e-mails non lus), je signe le papier tant rêvé : mon billet pour la liberté !

De mon côté, je me suis engagée à rester professionnelle et engagée jusqu’à la fin de mon contrat (3 mois après la signature), à former mon remplaçant et à faire (pour la dernière fois, alléluia !) ce foutu budget pour l’année suivante. C’est ce que j’appelle un accord gagnant-gagnant.

Vient alors le moment de l’annonce de mon départ, au retour des congés d’été.

Bonne rentrée messieurs dames ! Et là, c’est la sidération : la majorité des gens tombent des nues. Ils me voyaient continuer sur ma lancée. La bonne surprise, c’est que globalement ils comprennent tout de même. Il y a peu de discours scandalisés. Je reçois plutôt des encouragements et j’ai face à moi des gens un peu envieux de cette liberté que je m’octrois, comme un doux rêve qui leur semble inaccessible.

Il faut préciser que cette décision n’engage que moi : pas de conjoint, pas d’enfant, pas de dette non plus. A chaque situation ses aisances et ses contraintes !

La question la plus récurrente est la suivante : « Et tu vas faire quoi après ? » A laquelle ma réponse est en substance que je ne sais pas. Et bien la vacuité, il faut pouvoir l’assumer dans une société du Faire ! Je vous rassure, j’avais déjà à ce moment-là quelques éléments à leur donner à manger, pour apaiser leur angoisse et éviter de me la faire refiler. Je réalise néanmoins aujourd’hui que ce fut un bon exercice préparatoire à la période de temps libre qui m’attendait ensuite.

J’ai donc tenu bon encore 2 mois, grâce à la perspective de mon 37ème anniversaire, qui marquerait la fin de mon contrat de travail. Le comble : ce jour-là était férié ! Une coïncidence pareille, ça ne s’invente pas, c’est une belle grosse synchronicité.

En résumé, ces derniers mois ne furent pas de tout repos, d’un point de vue purement professionnel comme émotionnel.

Passer le flambeau, ça demande un sacré boulot de réflexion sur son rôle et de pédagogie pour transmettre ses connaissances. Partir c’est laisser des gens derrière soi et il m’a fallu me défaire d’une certaine culpabilité (délit d’abandon de navire caractérisé).

Pour cela, j’ai opté pour un discours de choix positif (je pars pour moi) et non d’opposition (contre l’entreprise, les gens, etc.). Mon sourire béat de nana qui va larguer les amarres, je l’ai gardé pour mon temps extra-pro. J’ai fait mon possible pour leur relayer tout ce que j’avais compris du job. Je me suis (passez-moi l’expression) tapée ce foutu budget et la séance d’interrogation (interrogatoire ?) qui va avec !

Me voilà donc le vendredi 27 octobre 2017, de l’autre côté du Rhin, une coupe de crémant à la main, à retracer presque 10 ans de vie professionnelle, à remercier certains acteurs de mon parcours (tout n’étant pas à jeter loin de là) et à m’entendre dire par mon patron que mon départ « n’est certes pas une bonne nouvelle pour l’entreprise, mais une bonne nouvelle pour [moi] » ! Waouh ! Cadeau !

A partir de là, j’ai décidé de ne garder en tête que le meilleur de cette phase de ma vie.

Dans le prochain article, je vous raconterai comment j’ai abordé mon début de chômage (appelons un chat un chat) et comment j’ai entamé ma réflexion grâce au bilan de compétences.

D’ici là, n’hésitez pas à laisser vos questions et réflexions en commentaire. Cette page est un lieu d’échange, mon propos ne représente qu’un exemple de parcours, j’aurais plaisir à l’enrichir de vos expériences et pensées.

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