Présentation

Qui suis-je ? Vaste question … Je vais déjà m’atteler à ce qui m’amène à créer un blog aujourd’hui.

J’ai une formation d’ingénieur en industrie agro-alimentaire et j’ai travaillé pendant 12 ans dans ce secteur, plus particulièrement dans le domaine de la Supply Chain. Késako ? C’est en français la « chaîne d’approvisionnement » et, schématiquement, ce sont toutes les étapes qui permettent d’amener des matières premières vers une usine, puis de mener le produit issu de ladite usine jusqu’au magasin. Ca existe pour tout produit que l’on achète (alimentaire ou non), c’est plus ou moins complexe selon les cas. Pour un fromage de ferme, par exemple, le lait de mammifère est récolté, puis acheminé jusqu’à la fromagerie de la ferme. Le fromage peut alors être fabriqué, emballé, puis transporté jusqu’à l’étal du marché où il sera vendu. Si vous parlez de graine de couscous, le blé est récolté, puis acheminé au moulin. La semoule de blé dur ainsi produite est acheminée jusqu’à une usine, qui va préparer la graine de couscous, la conditionner, la stocker dans un entrepôt, puis la livrer dans l’entrepôt d’un distributeur. Ledit distributeur l’emmènera de son entrepôt vers un magasin, puis de la zone de stockage du magasin aux étagères du rayon épicerie. Là, le consommateur pourra faire le choix de le mettre dans son panier (ou pas).

Pourquoi vous écrire tout cela ? Pour vous mettre dans l’ambiance du monde dans lequel je baignais. Industrie et distribution. Et puis aussi parce qu’on n’imagine pas toujours tout ce qu’il y a derrière un produit à disposition sur une étagère. 😉

Pendant 12 ans, j’ai donc exercé différentes fonctions, avec succès, ce qui m’a valu d’évoluer comme on dit, c’est-à-dire de changer de poste, d’élargir mes compétences, de prendre des responsabilités, de devenir manager notamment, donc d’encadrer une équipe (être chef quoi), de gravir les échelons. Ah, que le vocabulaire d’entreprise revient vite ! Donc je fais ce que l’on attend de moi, j’apporte satisfaction à mon employeur, qui me le rend à sa façon (promotion), j’y trouve de la satisfaction et on recommence la boucle. Sincèrement, c’était stimulant et gratifiant pour la jeune salariée que j’étais. J’ai donc construit ce que l’on appelle « une belle carrière », qui m’amène à 36 ans à prendre un poste de cadre dirigeant dans une multinationale. J’ai percé le plafond de verre, j’ai une (trop) grosse voiture de fonction, un smartph-ilalapatte professionnel, un revenu confortable, des perspectives d’évolution, bref aux yeux de la société au sens large : j’ai brillamment réussi et ce n’est qu’un début.

Parallèlement, la jeune femme que j’étais évolue elle aussi, car qui est le même de 25 à 37 ans ? Ce n’est pas simple de retracer cette évolution d’ailleurs. Formée en industrie alimentaire, j’ai la manie de lire les étiquettes des produits que j’achète. Petit à petit j’en exclus certains, j’en privilégie d’autres. J’aime cuisiner, donc je fais de plus en plus moi-même, je vais au marché, j’échange avec les producteurs, les commerçants de mon quartier, de ma ville. J’entends des résultats d’études sur les effets des pesticides et autres additifs. Je constate les problèmes de santé ou de poids autour de moi. Je fréquente des gens plus tournés « nature » que « productivité ». Je voyage dans des pays où les gens n’ont pas beaucoup de possessions matérielles, mais possèdent cette joie de vivre dans la simplicité. Tout cela fait que, petit à petit, j’ai moins envie de participer au grand jeu de la consommation – a fortiori en voyant dans mon job les dessous de la grande distribution. Je me transforme en consom’acteur (terme inventé par Biocoop) : je consomme autant que possible local, de saison, d’agriculture biologique ou raisonnée, commerce équitable, etc., je recycle, je fais même partie à un moment d’un Repair Café (lieu où des bénévoles réparent des objets pour d’autres personnes contre une participation libre et symbolique).

Alors voilà, à force, les deux facettes de moi-même ne collent plus l’une à l’autre. Je suis de plus en plus tiraillée entre le monde de la grosse entreprise qui court après la rentabilité, la productivité et mon écologie intérieure plus centrée sur la Qualité (des produits, des relations). Résultat, je ne m’amuse plus, je suis stressée, insatisfaite, malheureuse.

Comme je ne suis pas du genre à me lamenter pendant des lustres sans agir, je vais tenter de faire bouger les choses. Et ça, ça sera le sujet du prochain article.

En attendant, n’hésitez pas à laisser des commentaires : avez-vous vécu cela, vous aussi ? Voulez-vous partager une expérience, un ressenti ? Une question vous trotte-t-elle dans la tête ?

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14 réponses sur “Présentation”

  1. Très belle entrée en matière que ce premier article ! 35 ans est décidément un âge charnière et vous décrivez à merveille ce cheminement qui nous pousse, un jour, à remettre en question tout ce qui semblait pourtant tout tracé ! J’ai hâte de découvrir la suite de vos aventures 🙂 !

  2. Merci Julie de nous faire partager ton expérience et ton bouleversement intérieur. Comme Claire j’ai hâte de lire la suite, car je pense que nous nous reconnaitrons tous un peu… besoin de revenir à l’essentiel de la vie, quand elle t’impose ses épreuves, et pendant que l’argent dirige le monde.

  3. Belle prise de conscience et un sacré courage Julie! Que ta nouvelle vie t’apporte bp de bonheur. C’est un bon choix. La qualité de vie est primordiale ainsi que l’adéquation avec soi-même. Bonne chance pour la suite.

  4. j’ai appris plein de trucs sur toi encore.. et je m’y retrouve tu imagines.. j’attends donc la suite avec impatiente .. bravo pour ce blog <3

    1. Biensur Jacques :
      – d’un côté la face « executive women », orientée performance, qui véhicule des produits alimentaires à travers l’Europe, travaille avec les grands distributeurs ;
      – de l’autre la face « slow », orientée qualité, qui consomme local (marché, commerces de proximité), qui évite les produits qui viennent de l’autre bout du monde – bon ok je mange du chocolat ! Mais j’ai écrit « évite » et pas « bannit » 🙂
      C’est plus clair pour vous ?

  5. Hello Julie,
    Je suis à la fois surpris & ravi de contempler cette grande réflexion au grand carrefour de ta vie, la reconversion.
    Quand tu es allé au bout du bout, quand t’on esprit ou t’on corps te révèle « Stop » alors il faut l’écouter et tout réorganiser (reset ou défragmenter en informatique)
    Il est essentiel d’être en accord avec soi même (il est urgent de ralentir) et donner un sens à sa vie.
    Je ne sais si cela sent le vécue mais c’est ce grand virage que j’ai pris en mars 2007, passer d’opticien à photographe, résolument dans l’optique d’une autre vision & bien d’autres horizons.
    On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on ne sait pas ou l’on va ! (Marguerite Yourcenar).
    Je te souhaite plein de belles choses Julie pour t’on changement de cap je suis de tout cœur avec toi.
    Bisous – Phil-Ing

  6. Si avec un si bon début on n’a pas droit à un article sur la transformation du houblon…. 🙂
    Merci pour le court « voyage », très belle plume, humble mais pleine de vécu, de belles réflexions et d’envie d’y revenir lire la suite 😉

  7. Bonjour Julie et merci pour ce blog qui va faire des envieux ou donner des regrets à ceux qui n’ont pas osé…
    Comme tout le monde j’ai hâte de lire la suite…
    Je t’embrasse
    Isabelle

  8. Bonsoir Julie
    Beau message sur les différentes prises de conscience , qui t’ont emmenées sur cette révolution intérieure et qui font bouger tout ton système de valeurs…
    Je suis moi-même amenée a transmettre des messages de bien vivre, de prise de conscience et d’ouverture à une autre approche des soins dans mon milieu professionnel… Avec humilité, car les idées ancrées dans le monde hospitalier ne sont pas faciles à transformer (médecine multinationale ou la course des laboratoires pharmaceutiques, et pose de matériel prothétique dominent et controlent le système de santé).
    Je te félicite pour ce blog et ces échanges qui je l’espère seront positifs et permettront de poursuivre sur cette voie.
    Christine

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